Uji, Visite à Mr Nakagawa, la fabrique de gofun

Nous avons rendu visite à Mr Nakagawa dont l’entreprise est située  à Uji, au sud de Kyoto.  Il nous  a très généreusement proposé de visiter sa fabrique de pigments et de nous accompagner ensuite au temple Ujigami et Byodo-en, deux sanctuaires inscrits au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.
Mr Nakagawa nous a d’abord reçu dans son bureau, dans lequel on peut découvrir sur des étagères tous les pigments qui ont fait le bonheur des peintres nihonga depuis des décénies.

Monsieur Nakagawa parle très bien l’anglais en tous cas mieux que moi. Je lui ai expliqué que nous étions un certain nombre à rêver trouver ses pigments en France, c’est pourquoi j’ai fait la démarche de les faire connaitre à des distributeurs tels que Laverdure, ou Sennelier.

Monsieur Nakagawa s’étonne presque que des occidentaux s’intéressent à ses produits. Dernièrement il a même eu la visite d’un journal allemand! Le journal Mare. Il faut dire que Kremer, distributeur allemand des pigments Nakagawa , en fin connaisseur de la beauté et de la qualité des pigments a su faire partager ces précieux produits sans peur de la concurrence alors qu’il produit par ailleurs lui même aussi ses pigments..

Les mystères du commerce font que les distributeurs français qui revendent par exemple du gofun, préfèrent le commander à Kremer plutôt que directement à Mr Nakagawa, multipliant ainsi par 3 ou 4 le prix d’origine. Allez comprendre…  J’ai appris ainsi que les pigments que Monsieur Nakagawa fournit à l’entreprise Kremer, sont conçus spécialement pour l’exportation, et répondent aux normes de sécurité européennes, ils sont donc exempts de toxicité.  Attention donc pour ceux qui achètent leur pigments au Japon, qui n’applique pas ces normes, de bien faire attention à certains pigments en particulier le vermillon naturel.

Sur les murs de son bureau sont accrochés des petits tableaux que l’on peut trouver en kit dans le commerce. En effet, dans sa volonté d’offrir au plus grand nombre la possibilité de gouter au nihonga, Mr Nakagawa a créé des kits pour créer de petits tableaux, composés d’un motif, de pigments minéraux, de pinceaux et de supports préparés: http://www.eokaku.com/japanese/02/japanese01.html

Je reprends ci-dessous un article très complet:

http://tucsoncitizen.com/morgue2/1999/02/12/166974-now-that-s-earth-tones/

L’entreprise familiale de Mr Nakagawa a démarré il y a plus de 100 ans, avec son arrière grand père.

Mr Nakagawa, raconte que son arrière-grand-père a commencé à travailler avec le gofun, le pigment blanc tiré de coquilles d’huître moulues.

Le Gofun, aussi appelé blanc de coquillage, a remplacé le blanc dans le maquillage du visage après que l’on découvrit que le blanc de plomb était toxique.

Les couches poncées et polies d’une laque de gofun opaque sont ce qui donne leur surface blanche lisse, luminescente et soyeuse aux poupées japonaises traditionnelles.

Le Gofun est aussi nutritif et peut être mangé mélangé avec des haricots blancs et du sel.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le père de Mr Nakagawa a commencé à travailler avec des minéraux.

Azurite et malachite ont traditionnellement été utilisées dans la fabrication de pigments minéraux, mais Nakagawa Gofun Enogu Co. Ltd. Travaille maintenant avec 40 minéraux différents pour tirer 400 couleurs, avec des nuances basées sur la taille des grains.

La gamme de pigment Azurite s’étend d’une fine poudre de talc bleu pâle à un bleu roi brillant aux grains d’une taille 25 fois plus gros.

La société de Nakagawa, qui fait aussi des pigments synthétiques, réalise la gamme de couleur au cours d’un processus qui prend deux ans.

Un morceau de 650 livres d’azurite, par exemple, est d’abord cassé en morceaux plus petits, qui sont alors séparées par couleur ou nuances de couleur. Le processus est répété plusieurs fois, les morceaux de plus en plus petits sont écrasés et séparés.

Une nouvelle séparation est faite par lévigation répétée, qui implique le mélange des particules de roche avec de l’eau et de laisser reposer le mélange. Les particules plus grossières se déposent au fond.

Une roche d’azurite de 650 livres rapportera 65 livres de pigment de catégorie supérieure et 65 livres de pigment de la deuxième catégorie. Le reste est jeté.

“Nous produisons seulement la pureté. C’est pourquoi nous jetons les autres couleurs,” dit Mr Nakagawa.

En prenant un flacon de la taille d’une bouteille de pilules, d’une poudre bleu saphir faite d’azurite, il a évalué qu’elle est pure à plus de 99 pour cent.. Il aimerait dire 100 pour cent, mais il a admis qu’enlever tous les polluants est presque impossible.

Parmi les clients de Nakagawa on trouve l’artiste japonais Kaii Higashiyama, qui utilise beaucoup de malachite et d’ azurite dans ses œuvres

Sa peinture “l’Écho Vert” montre un cheval blanc dans une forêt luxuriante de pins bleu-vert.

“La Marée dans l’Aube,” une immense scène océanique de platine et d’or , a sa une place dans le palais de l’empereur au Japon.

Les artistes doivent faire attention de ne pas ingérer ou aspirer les pigments, dit il, mais “s’ils savent comment contrôler le pigment, ceux-ci sont très frais pour eux, et très nouveaux.”

Haruo Nakagawa vend des pigments à base de minéraux comme le grenat, le jade, le corail et Jasper. Les pigments sont utilisés pour faire des peintures naturelles, qui sont parfois utilisées dans la restauration d’art.”

Reprenons la visite:

Près des batiments de la fabrique s’élèvent des montagnes de coquilles. Les coquilles reflètent la lumière du ciel et nous sommes presque éblouies. Ces coquilles produiront le gofun.

Les coquilles resterons ainsi une dizaine d’année à l’air libre afin que se décompose toute la matière organique. Le temps accordé à ce processus fait toute la qualité de ce pigment. Cette coquille d’huitre est de l’espèce Itabo-gaki , on la trouve dans la mer intérieur du Japon: La mer Seto. Enfin aux dernières nouvelles elle serait en voie de disparition, et des études pour l’élever sont en cours. Monsieur Nakagawa ne semble pas inquiet de ce fait: il lui reste quelques dizaines d’années de stock, dit il… La coquille du dessus est d’une qualité plus fine que la coquille inférieure. On utilise les deux pour créer différentes qualités de gofun.

Nous découvrons les machines qui permettront dans un premier temps d’éroder les coquilles, de les broyer, et de les moudre avec des meules comme dans nos moulins à farine. Ci dessous une vieille meule en pierre qui n’est plus utilisée.


Les pigments sont décantés dans plusieurs bassins. Chaque affinage produit un pigment de plus en plus fin. Ainsi on produira différentes qualités de gofun


La pate formée sera étalée sur une planche de cyprès. L’ouvrier nous fait une démonstration et me propose d’en faire autant. Ce n’est pas compliqué il suffit de savoir faire les crèpes. Bon j’avoue, malgré mes origines bretonnes ce n’est pas mon fort et après une tentative, je préfère laisser faire le spécialiste.

Ces galettes seront entreposées en extérieur afin de les laisser sécher.


Les plaques de gofun sont ensuites décolées, puis stockées avant d’être réduites en poudre puis conditionnées.

Mr Nakagawa produit également des pigments de couleur en teintant artificiellement le gofun

La visite est terminée, nous revenons au bureau où je fais quelques achats. Monsieur Nakagawa me remets un catalogue et il m’offre en sus des pigments minéraux et le nouveau gofun qui ne nécessite pas d’adjonction de colle. Prêt à l’emploi, il suffit d’y ajouter de l’eau! Ici présenté sur le site nihonga100

Je n’aurai jamais de mots assez fort pour remercier Monsieur Nakagawa de son accueil et pour sa grande générosité qui n’a d’égal que sa simplicité.

Outre les deux articles cités cidessus, vous pourrez trouver des informations en français sur le gofun dans le livre de yiching Chen et en anglais dans le livre An Illustrated Dictionary of Japanese-Style Painting Terminology

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New 胡粉 Gofun, 白麗 (byaku-rei)

This news is just in- from nihonga painter, Yoichi Araki, in Kochi Prefecture.

Nakagawa-gofun Co.ltd  ナカガワ胡粉絵具(株)has recently been selling new gofun,”白麗– byaku-rei”. Has anyone used it already?
It is ready-to-use gofun, with nikawa already added in. When using it, you don’t need to grind, add nikawa and make a dumpling anymore. Just add water. that’s all!
It is very easy to use and gives you the same quality of gofun.

A quick web-search shows various places where you can get it: Backs Gazai,Kounan Art Materials,   and Gazaihanbai.

「第9回現代日本画の試み展×表具師 栗山知浩」The 9th Exhibition Trials of Contemporary Japanese Paintings

 

“The 9th Exhibition Trials of Contemporary Japanese Paintings” is a Nihonga -focused exhibition that explores the role of Kakejiku  (掛軸hanging scroll) in modern spaces.

Kakejiku (Hanging scrolls) was once a very important item in traditional Japanese houses. However, its place has been lost with the burgeoning of modern homes and interiors. In this exhibition, nihonga artists from different backgrounds gather in an exercise to explore the appreciation and re-situating of kakejiku in modern spaces. Works by the artists will be displayed in three different rooms- concrete, wood-paneled and Japanese-style, suggesting interesting relevance in modern spaces.  The Osaka leg of the exhibition will feature additional painted works exploring「生活の中の美」the beauty in life.

Gallery Maronie, Gallery 5, Kyoto.

October 30 – November 4, 2012
12:00 – 19:00 (final day – 18:00)
(332, Shioya-machi, Kawaracho-dori Shiji-noboru, Nakagyo-ku, Kyoto, 604-8027 Japan)

http://www.gallery-maronie.com/next-space5/878/

Jukouji Temple, Osaka

November 19 – November 25
2012, 12:00 – 18:00 (final day – 16:00)
(2-9-29, Tamade-higashi, Nishinari-ku, Osaka, 557-0043 Japan)

http://www.gallery-maronie.com/next-space5/878/

 

– Thank you, Inoue-san for alerting us to this wonderful exhibition.

Inoue Yusuke is a Nihonga-style contemporary artist. Coming from a formal, ‘academic-style’ background in Nihonga, he began to question the conventions and stereotypes of his art university training. The departure from that was to start afresh, letting the artists’ own contemporary sense come through yet remaining grounded on strong classics (古典) research. His blog can be found at 古典ぽらりい(incidentally, a wonderful play on the words Classics and Contemporary) http://cotemporary.blog91.fc2.com/

We look forward to hearing more from Inoue-san in the near future.

Exhibited Artists:

井上 雄介 Inoue, Yusuke

沖谷 晃司 Okitani, Koji

木下 としえKinoshita, Toshie

関 菜穂子 Seki, Nahoko

武田 修二郎 Takeda, Shujiro

谷口 知枝美 Taniguchi, Chiemi

鳥居 結人Torii, Yuito

長阪 奈津子 Nagasaka, Natsuko

蕚 淳子 Hanafusa, Atsuko

福井 悠 Fukui, Haruka

宮本 聡 Miyamoto, Satoshi

山田 紗知子 Yamada, Sachiko

吉岡 佐知 Yoshioka, Sachi

若林 静香 Wakabayashi, Shizuka

渡谷 圭子 Watadani, Keiko

The Pigments of Nihonga – by Lucas Perez

I’m happy to introduce the first of our series on Studying Nihonga in Japan, by Lucas Perez. In this article, Lucas gives a brief introduction to the pigments used in Nihonga painting and shares some of his preferred pigments and techniques he uses for getting the desired colours. He has also included the addresses of supply shops where you may find them.

We welcome discussions from all on the subject of pigments from artists, students and researchers alike. Please post your comments and questions below.

 Pigments for Nihonga  by Lucas Perez

Possibly the most recognizable part of Nihonga are the wonderful materials. The vivid, semi- precious pigments come in an astounding array of shades and consistencies, each with their own tokuchou (特徴, special characteristics). The fine brushes, exquisitely crafted from a bit of bamboo and fiber, paint with katana precision.  The robust and versatile washi (和紙, Japanese paper) challenges the artist with a myriad of surfaces.  I would venture to say that to master each of these elements takes a great deal of patience and practice, but when handled capably, the materials of Nihonga produce extraordinary imagery.

The semi- precious mineral pigments of Nihonga produce the vivid colors found throughout Asian art.  These pigments can be broken into three essential groups: tennen (天然, traditional) Japanese pigments, shiniwa (新岩, minerals and pigments found from around the world) and gousei (合成岩, synthetic colors). I almost never use synthetic minerals as I think it’s contrary to the philosophy behind Nihonga. Many Nihonga painters often find that they end up using tennen colors primarily because the colors are soft, easy to mix and more versatile than the other pigments.

There are thousands of colors, each with a  difficult Japanese name written in Kanji. But, in my opinion, there are a few which should be an indispensable part of any collection of colors. Shinsha (辰砂, ground cinnabar) is an intense red used throughout Asia for thousands of years. All colors differ between makers and the best shinsha pigment can be purchased at 喜屋 (Kiya) in Tokyo, or 放光堂 (houkoudou) in Kyoto.  Kiya is one of the main suppliers for the students at Tokyo University of Fine Arts (東京芸術大学) and has many rare items for sale which you cannot find in the big chain stores.

Two great colors that I often mix to create  a lovely purple shadow color are gunjyou (群青, ground lazurite) and shinsha.  Mix both in separate dishes and be sure to apply nikawa to the shinsha twice!  You can darken the value of the purple by searing the gunjyou pigment beforehand in a small frying pan. Because it is a tennnen color, it will darken, eventually turning a deep, blackish-blue and is completely safe. They sell pans made specially for this purpose at Kiya, but be advised that they are a little hard to find! Also note that gunjyou is about 4,000 yen per 15 grams so use it wisely.

Purple Shadow colour by Lucas Perez

Another versatile mixture is rokushou (緑青), ground malachite) and kiguchi iwa kicha roku (黄口岩黄茶緑 ) which produces a greenish brown. This mix is useful because many of the yellow colors in Nihonga are opaque, kiguchi iwa kicha roku is not, enabling this mixture to be used as a great transparent shadow.  Similar to the gunjyourokushou can be seared to darken the green to an almost black pigment.

Green Shadow colour by Lucas Perez

Some of the most beautifully subtle colors are the shu ( ) pigments, which have all been seared as described above.  By far the best place to acquire any shu color is at 後素堂 (kousoudo) in Kyoto. Among the wide variety they offer, some of the best are kodaishu (古代朱) a lovely brownish yellow color, and akagushihonshu (赤口本朱), an intense orangy- red color.  Be aware that  shinsha as well as some of the shu colors contain mercury and may well be extremely toxic!  So please take great care when using these colors.

喜屋 Kiya
〒113-0034 東京都文京区湯島3-44-8
TEL +81 03-3831-8688
kiya-8688@k4.dion.ne.jp

放光堂 Houkoudou
〒604-0092京都市中京区新町通竹屋町北入 TEL +81 075-231-0938
http://www6.ocn.ne.jp/~kousodou

About Lucas Perez

 

 

 

 

 

For me, Nihonga has sparked a creative explosion in my work that has yet to be rivaled in my life as a visual artist.  The unique challenge in finding new ways to apply beautiful ancient materials with modern sensibilities is one that has greatly stimulated the quality and originality of my painting.  I feel quite honored that destiny has allowed me, as an outsider, into this wonderful tradition, and I hope that I am able to pass the things I’ve learned along to any eager artist with the desire.

My name is Lucas Perez and I’ve been studying Nihonga for 3 years in Tokyo, Japan.  Originally trained as a Fashion Designer at New York’s Pratt Institute of Design, I often found myself unsatisfied with the ephemeral nature of apparel design,  and so, soon after graduating returned to my primary love, painting. I’ve always had a passion for eastern art’s lyrical design qualities and restrained perfection.  So when the opportunity arose to live and work in Tokyo, I did not hesitate to make the change.

However, I have had many challenges learning this new media.  First I had to acquire a working command of Japanese. Once I was able to speak with reasonable proficiency I began to look for a teacher.   My first attempt was finding a teacher from a popular website, but found that this was not a good option as the teacher wanted to teach me at a very slow pace.  I also sat in on a Nihonga class at the NHK Culture center, and immediately realized, these classes were geared primarily for hobbyists and retirees.

Fortuitously, I had casually mentioned my dilemma to the students in one my english classes .  By chance a friend of one of my student’s was the husband of a woman, Susuzi Mari, who graduated as a doctor of painting from Tokyo University of Fine Arts (東京芸術大学). Soon after, I began studying with her and have been for 3 years now.  I was very lucky to have found her, as her intimate knowledge of the various minerals, papers and other materials are of a caliber not common in Japan.  Her world class education at Geidai allowed her to learn under great contemporary masters such as Kayama Matazou and Tezuka Yuji.

The next great challenge was unlearning all my previous training in painting and starting fresh with these new materials and design principles.  As I write this I still have not completely mastered the various techniques necessary for the creation of a really good piece of Nihonga, but continue to strive for perfection.  I must confess it has been a real struggle and I have often come close to quitting it all together.  But I am always drawn back by the unique qualities of Nihonga.

http://www.madedesigns.com

 

 

 

 

New Series of Posts on Studying Nihonga in Japan

We are pleased to announce a new series on Studying Nihonga in Japan from our guest contributor, Lucas Perez.

Lucas Perez is currently based in Tokyo, Japan and has been studying Nihonga for 3 years now.

Originally trained in Fashion Design at New York’s Pratt Institute of Design, he returned to his “primary love ” for painting and embarked on this re-discovery in Japan.

In this series, Lucas talks about his journey from starting at zero to finding his place and gaining familiarity with the unique materials used in Nihonga. The information provides a significant contribution to a dearth of English language resources on the topic which would be useful to all Nihonga students. I envision that it would add to a work-in-progress resource as we welcome further insights from both Japanese and non-Japanese artists.

Please watch this space for the upcoming posts on pigments, brushes, washi and supply shops.

Thank you Lucas for initiating this.